Je suis sortie de bonne humeur, l'autre jour, d'une visite d'atelier.
C'est que j'y ai découvert les oeuvres de Julien Langendorff, dont l'univers psychédélique m'a enthousiasmée.
Non pas spécialement, d'ailleurs, parce qu'il est psychédélique, mais parce que ce dessinateur encore tout jeune (qui est aussi musicien, et qui écrit), a une façon admirable d'animer un espace.
Animer, au sens fort, c'est-à-dire au sens de faire circuler un souffle, une énergie.
Ces oeuvres-ci sont en fait réalisées à 4 mains, avec David Herman Dune. Elles ont été exposées par la Cinders Gallery, de Brooklyn, qui les montre actuellement à la foire de Chicago.
On est pris par le mouvement selon lequel se lient les figures humaines, les monstres et les paroles.
Il y a un rythme et une danse qui scandent les pages.
On peut être surpris de l'osmose qui se dégage de ce travail à 4 mains, assurément puissant.
(Images: courtesy Julien Langendorff, David Herman Dune, et Cinders Gallery)
jeudi 24 avril 2008
Julien Langendorff
vendredi 18 avril 2008
Alkis Boutlis
Lorsque j'ai créé la rubrique "La minute de contemplation", c'était dans l'idée de montrer une oeuvre à contempler, absolument dépourvue de commentaire.
Pour l'instant, je ne suis encore pas parvenue à me taire.
Mais aujourd'hui (et pour la très mauvaise raison que je suis très occupée), je vais essayer.
Voici donc, entourées de silence (silence qu'en termes de rhétorique, on pourrait appeler une prétérition...), deux oeuvres d'Alkis Boutlis, actuellement présentées à la galerie Suzanne Tarasiève:
(Et ce n'est pas pour commenter (d'où les caractères réduits), mais il y a dans l'oeuvre ci-dessus une influence d'Odilon Redon finalement pas si fréquente chez les artistes aujourd'hui)
(Images: courtesy Alkis Boutlis et galerie Tarasiève, Paris)
jeudi 17 avril 2008
Art&You
Certes, je me fais rare par ici ces temps-ci...
Mais vous pouvez me retrouver, en vidéo, sur Art & You où désormais, une fois par mois, je présente les "tentations du mois" ...
La première livraison est ici.
(Image: courtesy Nicolas Darrot, et galerie Eva Hober, Paris)
mardi 8 avril 2008
Merveilleux
Vous vous souvenez, il y a quelques temps, je vous avais fait plancher sur "Qu'est-ce que le Merveilleux?". En fait, c'était pour vous faire travailler à ma place, et à votre insu (évidemment), sur un texte d'exposition, dont le catalogue (ci-contre) est tout juste sorti.
Vous vous souvenez aussi que, l'autre jour, je m'en allais pour la Moselle (et d'ailleurs, j'en suis revenue )...
En fait, je me rendais au vernissage de cette même exposition, intitulée "L'Homme merveilleux", 2e volet d'une série sur le thème du Merveilleux.
Cela se passe au château de Malbrouck (le château qui donna naissance à la vieille chanson de Malbrough s'en va-t-en guerre ..., et que donc j'imaginais garni de très hautes tours — même si ce n'est pas exactement le cas, quoi qu'il y ait des tours, mais pas tout à fait comme je les pensais), à Manderen, en Moselle.
L'exposition, conçue par Christian Debize (par ailleurs directeur de l'école d'art de Metz) reflète la complexité de la notion de merveilleux et montre bien que celui-ci ne se réduit pas à l'univers des fées et des lutins.
On l'approche, par exemple, dans l'état qui se tient entre veille et sommeil, dans des motifs symboliques, comme le miroir et ce qu'on croit voir s'y refléter, dans les déséquilibres et la déraison, dans les fantasmes, et aussi dans l'illusoire nostalgie de l'enfance, faussement innocente.
En voici quelques vues:
La Robe de Poussière (2004) d'Elsa Barbage, robe à taille humaine, effectivement réalisée en fil et en poussière.
Cette objet fragile de Patrick Neu (Sans titre, 2007, cristal et cire perdue, hauteur: 25 cm):
Quelques dessins sublimes de Pierre Klossowski. Celui-ci: Incident sur le quai de Morges, 1977-1978 (crayons de couleur sur papier, 181 x 95 cm, coll. Jean-Paul Jungo, Genève):
Et aussi les poupées de verre de Françoise Pétrovitch, exposées dans la chambre étroite d'une tour, semblable la pièce secrète de Barbe-Bleue, tout un ensemble de dessins d'André Masson, un bronze boursouflé et onirique d'Elmar Trenkwalder, ou encore les très rares graffiti d'Etienne Cournault, qui fut, dans les années 1920, le précurseur méconnu de Dubuffet.
Certes, le château de Malbrouck est loin, dans une espèce de finis terrae à la frontière de trois pays. Mais l'exposition (jusqu'au 31 août) en vaut la peine!
jeudi 3 avril 2008
Salon du Dessin contemporain- Preview 3
Je vous livre aujourd'hui une ultime avant-première du Salon du Dessin contemporain, qui commence le 10 avril prochain (le 9 pour le vernissage).
Les 2 précédentes sont ici, et là.
L'intention à peine cachée de ces previews, dont je reconnais qu'elles sont quelque peu en vrac, c'est (surtout pour celles-ci et la précédente) de mettre en lumière des artistes que nous n'avons pas l'habitude de voir, et surtout de mettre l'eau à la bouche!
Voici donc un échantillon de ce que présentera la Fruehsorge Contemporary Drawings, une galerie de Berlin consacrée au dessin. 






De gauche à droite, et de haut en bas, nous avons:
- Laura Bruce, Prawl, 2007, crayon sur papier, 70 x 100 cm (3000 euros ).
- Thomas Müller, 2007, 29 x 21 cm, technique mixte sur papier, 2007 (1200 euros).
- Irina Baschlakows, murs de dessins 21 x 29,70 cm (650 euros)
- Irina Baschlakows, sans titre, feutre, encre et crayon sur papier (3500 euros).
- Mark Lammert, dessin de la série "Bones" , 2006, 45 x 32 cm, crayon, stylo, huile sur papier fait à la main (1000 euros).
Cette série a été réalisée au très étrange Musée Fragonard, musée qui conserve les écorchés anatomiques réalisés au XVIIIes par le chirurgien Honoré Fragonard, frère du peintre.
- Thomas Müller, 2007, 29 x 21 cm, technique mixte sur papier, 2007 (1200 euros).
... Et puis pour le reste, eh bien, ce sera l'objet d'un futur compte-rendu.
En attendant, peut-être nous croiserons-nous au Salon!
(Toutes les images: courtesy Fruehsorge Contemporary Drawing-
